Quelle est la démarche de l’association ?
Par le biais de missions ponctuelles ou régulières proposées à des demandeurs d’emploi (DE), l’association intermédiaire doit les aider à retrouver un emploi stable. Les douze permanents, répartis sur trois antennes, ont un rôle clé d’écoute et de diplomatie en tant qu’interface entre DE et DO, pour satisfaire les demandes parfois compliquées de la clientèle en trouvant la(les) personne(s) susceptible(s) d’y répondre. De même, l’implication des salariés en insertion passe par la qualité de l’attention humaine et de l’accompagnement mis en œuvre. La réussite des missions et des processus d’insertion repose de fait sur le « trio gagnant » Ardeur / salarié en insertion / DO.
Un exemple d’insertion réussie ?
Un exemple phare : une embauche en CDI à temps partiel, en juillet 2009, au Centre de formation d’apprentis des métiers de la santé et de la solidarité (Levallois Perret). C’est vraiment l’illustration d’une coopération réussie :
1.Ardeur, soucieuse de répondre au mieux à la demande du DO et d’assurer le suivi du salarié en situation de travail, met en adéquation les exigences des uns et les compétences des autres, de la façon la plus fluide possible ;
2.le salarié mis à disposition fait la preuve de sa disponibilité, de ses capacités relationnelles et de ses compétences ;
3.le CFA, donneur d’ordre ouvert a su l’accueillir et l’intégrer. C’est ainsi qu’au terme de trois mois de missions régulières, les mises à disposition se sont transformées en contrat de travail ferme, sur un emploi d’« homme à tout faire » affecté à l’entretien général de l’établissement.
A quelles difficultés l’action d’Ardeur doit-elle faire face ?
Nous sommes une association dont la finalité est de trouver un emploi aux DE inscrits chez nous. Dans le même temps, nous sommes une entreprise, avec des clients, une obligation de résultats, y compris économiques. Dans ces conditions, nous savons que les personnes mises à disposition qui travaillent bien vont sortir vers l’emploi, même si nous aurions plutôt envie de les garder, par rapport à des donneurs d’ordre souvent exigeants. Cette double contrainte est permanente.
Par ailleurs, il faut en permanence expliquer aux donneurs d’ordre (DO) que l’insertion (mot que je trouve inapproprié) n’est pas synonyme de sortie de prison ou de délinquance : ils font souvent la confusion avec la « réinsertion » des détenus, d’où des craintes et des préjugés sans objet. De même, l’association intermédiaire donne une idée floue du processus : intermédiaire entre quoi et quoi ? Pour caractériser notre démarche, je préfère parler de passerelle, c’est plus dynamique.
Quels sont vos perspectives et vos souhaits pour l’avenir ?
Afin d’approfondir le suivi des missions en entreprise, un demi poste va être créé. Il aura également pour mission de systématiser le suivi des DE sortis de l’association, dont on ne sait pas ce qu’ils sont devenus.
Parallèlement, il serait souhaitable de développer la clientèle des entreprises, grâce à un poste strictement consacré à la prospection commerciale : jusqu’à présent, les structures concernées sont des établissements d’enseignement, d’accueil de personnes âgées, ou des associations, davantage que des acteurs économiques au sens « lourd » du terme.
Les idées ne manquent pas. Leur concrétisation dépend aussi, bien sûr, de l’aide financière apportée par les partenaires institutionnels locaux.
Propos recueillis par Anne Meyer
Ardeur
- Interventions sur 7 communes : Boulogne ; Clichy la Garenne ; Levallois ; Neuilly s/ Seine ; Issy les Moulineaux ; Sèvres ; Ville d’Avray, ainsi que 3 arrondissements de Paris (7e, 8e et 16e) ;
60% de particuliers ; 40% d’entreprises ou collectivités (maisons de retraite ; paroisses ; lycée ; CFA…). La proportion de particuliers a diminué en 2009, en lien avec la crise ;
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