Qu’est-ce que le GEIQ ?
Créé en octobre 2006, il s’adresse aux entreprises du gros œuvre bâtiment et des travaux publics et compte actuellement une quarantaine d’adhérents. Composé initialement de structures Vinci, il tend à diversifier ses membres, toujours dans le BTP, afin d’élargir le nombre des entreprises susceptibles d’accueillir des jeunes et/ou des demandeurs d’emploi en voie d’insertion, de qualification et de « reconquête d’un statut professionnel et social ».
Au départ, un constat : quelle que soit leur « bonne volonté », les entreprises ne sont pas structurées pour régler certaines problématiques spécifiques des postulants à l’emploi. Leur objet et leur capacité se situent sur le terrain professionnel, mais elles n’ont pas nécessairement la compétence pour les accueillir dans de bonnes conditions et les accompagner au quotidien, d’où un taux d’échec important sur l’insertion de nouvelles recrues.
Le GEIQ est par conséquent une structure dédiée, qui assure les multiples facettes de l’accompagnement social (le logement étant l’enjeu n°1) et l’interface entre le travail dans l’entreprise et le centre de formation.
En quoi son action consiste-t-elle ?
Dans la pratique, il intervient pour l’accompagnement des jeunes, depuis la phase de sélection jusqu’à la signature du contrat de travail dans l’entreprise, en passant par la formation en alternance, via un contrat de professionnalisation d’un an (le GEIQ étant alors l’employeur), et le suivi de la mise en situation sur le poste.
Ce qui implique de sa part la mise en œuvre d’une véritable expertise, avec une double dimension : celle de la relation aux jeunes embauchés et à leurs besoins ou difficultés, et celle de l’attention prêtée aux caractéristiques et attentes des entreprises adhérentes. C’est sur la qualité de l’ajustement entre ces deux dimensions que s’appuie la « performance » du GEIQ.
Ainsi, chez BATEG, entité du groupe Vinci, le GEIQ a joué un rôle important pour le recrutement et l’insertion de « bâtisseurs » dont l’entreprise a besoin, en majorité des coffreurs bancheurs chargés de réaliser les coffrages nécessaires dans le bâtiment gros œuvre. La démarche de professionnalisation semble adaptée à cette entreprise qui réserve à ses compagnons de bonnes conditions d’emploi, et des perspectives intéressantes d’évolution professionnelle.
Quels sont les atouts et limites de cette initiative ?
Il est vrai qu’il y a quelques écueils : si le travail concret « passe » bien, la formation théorique au métier se heurte parfois à des résistances liées à un vécu scolaire malheureux. D’autre part, le dialogue avec les salariés de l’entreprise est parfois malaisé, en particulier avec les anciens. D’où l’importance de la prise en charge du jeune par un collègue, tuteur référent (le plus souvent trentenaire ou un peu plus), qui s’engage véritablement auprès d’un jeune quelquefois « atypique ».
Le bilan quantitatif de l’opération reste mitigé : 70% des formations débouchent sur un CDI, et, pour le moment, 50% sont restés dans l’entreprise, ce qui représente un turnover supérieur à celui des autres types de recrutement (cooptation ou intérim).
Toutefois, au-delà de ces limites, le GEIQ Ile de France apparaît bien comme un outil au service de l’intégration professionnelle, conformément à la volonté de responsabilité sociale affichée par les entreprises adhérentes et leurs partenaires en faveur de l’égalité des chances et de la lutte contre les discriminations.
Pour en savoir plus : le site du CNCE-GEIQ


