Pourquoi cette volonté de coopérer avec des entreprises de la restauration collective ?
Parce que le chantier d’insertion entend aller au-delà de l’aide d’urgence fournie par les Restos grâce aux 2 500 repas distribués chaque jour (600 000 par an), onze mois sur douze, à Paris.
Les plats sont initialement achetés à Sogeres, à partir de menus élaborés par les bénévoles des Restos. En s’appuyant sur les besoins liés à la composition des repas et à leur distribution, aux procédures de conservation et de réchauffage, le chantier prend la forme d’une cuisine collective « en liaison froide » et accueille chaque année 80 à 90 personnes pour 40 postes en cuisine, plonge, magasinage, et pour la conduite des camions. Ces postes, on les retrouve en restauration collective, dans les sociétés avec lesquelles nous avons engagé un partenariat.
Quelles sont les modalités de cette coopération ?
Sodexo a passé un accord au niveau national avec les Restos ; pour Sogeres, il s’agit davantage d’un partenariat de proximité. Les salariés en insertion ont ainsi la possibilité de réaliser des visites d’entreprise, et d’effectuer des stages pratiques afin de mieux cerner, in situ, les métiers pratiqués sur le chantier. Des accords ont aussi été établis pour des recrutements : pour Sodexo, nous pré-sélectionnons un à trois candidats à un poste disponible (l’entreprise prend la décision finale) et nous accompagnons l’intégration du nouveau salarié, avec possibilité de retour sur le chantier en cas d’échec de l’immersion. Pour les candidats non retenus, c’est aussi l’occasion d’avoir un retour de l’entreprise sur « ce qui n’a pas marché » ; ce n’est donc pas complètement négatif.
Autre point important de notre partenariat : un jeune ingénieur qualité, recruté conjointement par les Restos et Sogeres, est mis temporairement à disposition du chantier, pour un accompagnement technique des équipes en insertion.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
Le passage du chantier d’insertion à l’entreprise (plus grande, plus impressionnante, plus exigeante) n’est pas toujours évident, et les responsables ne sont pas nécessairement préparés à accueillir et à comprendre les problématiques de salariés souvent déboussolés après une période de chômage prolongé.
Pour nous, l’enjeu est aussi de faire évoluer les représentations, tant chez les dirigeants d’entreprises que parmi les salariés en insertion. Le travail en commun, dans la durée, et l’établissement d’une certaine confiance sont décisifs à cet égard.
Et les perspectives que vous souhaiteriez développer ?
Nous souhaitons aller vers des partenariats similaires dans la grande distribution, qui propose le même type de postes, de façon à élargir les possibilités de sortie vers l’emploi.
propos recueillis par Anne Meyer



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