Pouvez-vous nous présenter Môm’artre et ses actions ?
Môm’artre est une association qui assure chaque soir après l’école une prise en charge complète des enfants de 6 à 11 ans jusque 20h avec des tarifs accessibles à tous, élaborés en fonction du quotient familial. Môm’artre s’adresse ainsi à des familles fragilisées et notamment les mamans seules aux emplois du temps très compliqués : horaires tardives ou décalées. Avec ce projet, on a souhaité aussi accorder une place toute particulière à l’art qui est, à mon sens, indispensable dans une société. Trop d’enfants n’ont pas accès à des activités artistiques, hormis les quelques cours d’arts plastiques dispensés à l’école, cela reste généralement peu poussé, et on note une vraie barrière culturelle. Donc l’idée a été de mettre en place des ateliers artistiques et pour les animer, de solliciter simplement des personnes dont c’est le métier. Les artistes à Paris sont un peu malmenés et rencontrent de réelles difficultés à trouver un emploi. Ils se retrouvent le plus souvent à exercer des boulots bien loin de leur formation initiale, avec un niveau de vie très bas et une forte précarité. C’est pourquoi on a essayé de concilier tout ça en apportant à la fois des solutions aux mamans, aux enfants et aux artistes en situation de précarité. En parallèle, nous avons fait de la logique de quartier au sens total du terme : les artistes, les écoles, les familles, les bénévoles sont du quartiers. Cette logique, nous l’avons également appliqué dans la recherche de nos fournisseurs et prestataires.
D’où cette volonté de travailler avec des régies de quartiers...
Oui, nous étions à la recherche de prestataires pour effectuer le ménage dans nos locaux. On s’est d’abord dirigé pour cela vers les régies de quartiers du 18ème, 19ème et 20ème arrondissement. Nous souhaitions poursuivre dans cette logique « d’intelligence de quartier ». L’avantage de ces structures, c’est que les gens qui y travaillent habitent le secteur. Résultat : ils sont là à l’heure, sont efficaces et ne perdent pas de temps dans les transports. Nous sommes très vigilants sur le temps de transport dans notre politique de recrutement, cela contribue au bien être des salariés.
La démarché a été facile ?
Vous savez, les gens ne viennent pas vous voir, il faut aller les chercher pour créer des partenariats. C’est parfois difficile, il faut juste avoir la volonté de passer les coups de fils, aller les voir, demander des devis, et faire en sorte qu’ils répondent. Il faut être persévérant. On sait qu’ils ne travaillent pas comme une entreprise privée. On le sait, et on peut le comprendre parce que nous même nous sommes une association qui ne peut pas toujours réagir au quart de tour, car nous sommes en sous effectif. Cela demande de l’effort certes, mais ils sont aussi compétitifs au niveau des tarifs, on est pas perdant par rapport à ça.
Vous proposez également des actions d’accompagnement au sein de Môm’artre ?
Oui, on aimerait mettre en place à terme tout un circuit autour de l’accompagnement des mamans. Ce qu’il y a au jour d’aujourd’hui, c’est un accompagnement vers l’emploi exclusivement réservé aux femmes, assuré par l’association Projet 19. On a réalisé qu’il y avait un vrai besoin dans le quartier. Parmi les participantes, ce sont souvent des copines de maman qui habitent dans la même résidence, et avec le bouche à oreille, on a rapidement eu du monde. On espère à l’avenir offrir un panel de services autour du retour vers l’emploi : du cours d’alphabétisation, au retour à l’estime de sois. Sachant que pour nous il s’agit toujours de travailler avec des partenaires professionnels, on les identifie, on les oriente, et ensuite libre à eux de faire leur boulot. Nous mettons simplement à disposition des lieux et un public pour leur permettre de dupliquer leurs actions.
Qu’avez-vous envie de dire aux personnes qui pensent que l’insertion est l’affaire des grandes entreprises ?
Nous, nous démarrons peu à peu dans l’insertion. C’est un peu l’affaire de tout le monde, ça n’est pas une question de taille de structure. Qu’on s’occupe de 10 ou 100 femmes c’est déjà ça de fait ! C’est plus une question de professionnalisme qu’autre chose, ce qui compte c’est la qualité de ce que l’on fait. Bien sûr ça n’est pas toujours facile, mais il faut tenir compte des gens que l’on a en face de soi. Il n’y a pas un modèle de pratique efficace, nous sommes sur de l’humain, ce qui suppose une adaptabilité permanente. Dans un sens comme dans l’autre on ne peut rien imposer, cela dépend de la volonté des personnes, chaque situation est particulière. La clé de réussite pour Môm’artre : le logement, la solution de garde et l’emploi. L’un sans l’autre ça ne marche pas ! Trois piliers qui nous concernent tous et sur lesquels il nous faut travailler.
Informations : http://momartre.com/



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